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David Schisler, CEE Schisler


Le matériau carton est l’ADN de Schisler

 

 

Actes du Colloque Culture Papier 2019 : #Lepapieraufutur
Les responsabilités du papier.
Les chemins de progrès de l’écosystème du papier graphique.

 

David SCHISLER, président de l’entreprise familiale fondée par son grand-père, produit des emballages papier en direction tant du petit commerce que de la grande distribution. Il veille à être en pointe sur les avancées technologiques pour démontrer toute la modernité du papier.

 

 

 Du plastique au carton     

Nous avons commencé à produire des emballages papier à partir de 1950 et, dans les années 1970, de l’emballage plastique. Pourquoi le plastique a pris autant de part dans notre vie aujourd’hui ? Car il atteint des performances avec très peu de matériau mise en œuvre, cependant il reste le symbole du tout jetable. On vous donnait des sacs même si vous n’en aviez pas besoin. Nous nous sommes désengagés des supermarchés – et je m’en félicite – bien avant que les lois interdisant les sacs plastique n’arrivent et nous sommes revenus sur le matériau carton, l’ADN de notre société. SCHISLER s’est positionnée dans le secteur de cette restauration dite rapide ou moderne où se développait la vente à emporter avec des besoins en sacs papier, feuilles papier, gobelets carton. En effet, depuis une dizaine d’années, apparaissent des changements sociétaux mais également des changements de réglementations notamment européennes.  Pendant trente ans, la façon de produire a été réglementée. L’idée était de produire propre pour avoir un monde propre.  Mais si on produit propre des 4X4, ils restent quand même des 4X4 !

 

Des directives européennes pour la consommation

Donc l’idée plus récente est de réglementer la consommation. C’est-à-dire changer le mode de consommation des gens. C’est une idée très européenne, un Américain y verrait une réglementation de sa liberté. Ainsi il y a eu une directive anti sacs plastiques, mais ceci a ouvert une boîte de pandore, puisqu’en fait maintenant, sous la pression du ministre mais aussi sous la pression de l’opinion publique et la pression des ONG, l’idée est de dire « What’s next ? ».

L’idée de base était d’éviter la pollution marine, d’où le vote d’une directive européenne adoptée à l’été 2019, qui s’appelle « Single Use Plastic » dont le but est d’enlever les produits qui se retrouvent dans la mer à savoir les pailles, les gobelets plastique, les touillettes, les bâtonnets ouatés qui sont maintenant fait avec du papier.

L’Union européenne a continué sur sa lancée. Notre entreprise fabrique des produits à usage unique en papier carton. Nous sommes aussi à l’initiative de collectes pour les recycler notamment les gobelets avec le lancement d’une association qui s’appelle « Alliance gobelets carton » qui met des Cup box  dans les entreprises pour les collecter.

Nous assistons à une accélération du processus législatif puisque nous sommes tous conscients que le monde ne peut pas continuer comme cela. De plus, la France a tendance à sur-transposer, plus vite, plus fort les directives européennes. Il faut séculariser l’économie, c’est-à-dire arriver à décorréler la croissance économique de la croissance de l’extraction des ressources et pour se faire, circulariser, recycler, mettre en place de nouvelles filières de responsabilité étendue des producteurs, dans le jouet, dans le bâtiment, etc…  De traiter les déchets et de faire des déchets une ressource moins dépendante des matières premières et notamment celles qui ne viennent pas de l’Europe.

Maintenant en hiérarchisant les priorités, il vaut mieux réemployer plutôt que recycler.  C’est assez logique quand on y pense au début, et Brune Poirson dans son discours inaugural à l’Assemblée nationale, lors de l’examen de la loi « économie circulaire » l’a souligné : « il faut qu’on passe d’une civilisation du tout jetable au tout réutilisable ». Mais en y réfléchissant de plus près je pense que la difficulté réside dans ces deux mots « tout, tout » ! Parce que si tout est jetable évidemment tout va disparaître. Mais dans ce cas-là le livre est jetable, le magazine est jetable.

Le tout réutilisable signifie que nous allons sortir de l’économie mondiale.

Ce sont les débats entendus lors de la COP 25.  La problématique du réemploi est compliquée pour l’industrie puisque l’industrie produit des biens nouveaux, même s’ils le sont à partir de produits recyclés, avec de plus en plus de matières recyclées et de plus en plus éco-conçues.. Finalement ce seront les autres qui produiront et nous qui réemploierons.

 

De la nécessité de s’appuyer sur des données scientifiques

Il est nécessaire d’avoir de plus en plus d’études scientifiques et notamment des ACV, pour savoir dans quelles circonstances le réemploi est préférable à l’usage unique.

Dans mon secteur d’activité, l’Assemblée nationale a adopté l’interdiction de la vaisselle jetable pour limiter la production de déchets et l’obligation d’utiliser de la vaisselle lavable. Or Il y a quatre ans, avec la suppression du plastique, les efforts ont été entrepris pour produire des produits en carton et les industriels ont été sommés de recycler.  À peine sont-ils en train de mettre des bennes pour tout recycler qu’on leur dit : « ne mettez pas de bennes, ne recyclez pas, mettez de la vaisselle en dur ! ». Vous imaginez que ce n’est pas si simple que ça dans un secteur qui fait des dizaines de milliards d’euros de chiffres d’affaire et qui emploient des centaines de milliers de salariés. Et c’est le prototype de la fausse bonne idée. Parce que les particuliers qui ont de la vaisselle chez eux, bien évidemment la lavent, ne la casent pas et la réutilisent. C’est la même chose dans la restauration traditionnelle, peu de gens partent en emportant la vaisselle ou les couverts des restaurants. Mais dans les nouveaux modes de restauration, avec des flux extrêmement importants, les études montrent que pour qu’un verre en verre est moins d’impact qu’un verre en carton, il faut qu’il soit lavé 350 fois. C’est exactement la même chose que pour le téléphone portable, l’impact de production de la matière est dilapidé. Aujourd’hui, dans les ACV, lorsque l’on compare l’usage unique versus le réemploi, il faut intégrer ces éléments-là. À titre d’exemple pour que l’une des principales enseignes de restauration rapide française mettre du lavable à l’intérieur sur place, sa consommation d’eau équivaudrait à une ville de 300.000 habitants ! Ce n’est pas neutre, surtout si un autre amendement impose à Nestlé, Danone d’utiliser aussi des contenants de réemploi pour une partie de leur yaourt, bouteille etc. ce sera une autre ville de 300.000 habitants. Et après on dire que les agriculteurs ne peuvent pas nourrir la planète. Ces débats actuels nécessitent de plus en plus de science, d’experts et de débats dépassionnés, d’une approche plus rationnelle, pour des industriels comme nous.  Je suis un perpétuel optimiste, je pense que SCHISLER a de l’avenir et j’attends le prochain défi de nos ONG ou de nos gouvernants.

 

 

 

www.ceeschisler.fr