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Le JDD, le journal qui explore l’avenir


 

Quotidien du 7e jour, tiré à 180 000 exemplaires et diffusé à 150 000, Le Journal du Dimanche (ou JDD) ambitionne d’être le journal qui devance l’actualité. Cyril Petit, le directeur adjoint de la rédaction détaille sa politique éditoriale.

 

 


Que représente encore le papier dans la stratégie du JDD ?

 

Le papier reste au cœur de notre stratégie et de notre développement. La lecture de la presse imprimée garde toute sa raison d’être, principalement le week-end et en particulier le dimanche. Le JDD est un journal mais il est aussi un objet et un moment : un moment physique et intime fort qui accompagne le marché, l’apéro, le café, le repos. Tout un ensemble de rituels du dimanche dans lequel le JDD, en version papier, a une place importante.

 

La pérennité des points de vente demeure-telle un combat essentiel ?

 

Le nombre de marchands de presse diminue et ce n’est pas une bonne nouvelle ; de plus le dimanche, certains sont fermés, aussi trouver le JDD est parfois sportif pour les lecteurs. Malgré ces obstacles, nous restons parmi les quotidiens les plus vendus au numéro par rapport au réseau disponible et à son temps de vente… puisque la majeure partie s’effectue entre 8h et 13h. Nos lecteurs nous disent lire toute la semaine en numérique ; ainsi le dimanche, ils ressentent l’envie de lire sur papier. Se rendre chez son marchand de journaux et acheter un journal papier à l’unité, cela pourrait apparaître comme un geste d’un autre temps alors qu’au contraire, nos lecteurs tiennent à ce rituel.

Nous sommes assujettis à ce qui fait la force et la faiblesse du papier : la vente physique. Tributaires d’un problème à l’imprimerie qui peut entraîner que certains points de vente ne soient pas servis, d’une météo qui fait changer les habitudes des gens. Certes, nos ventes papier au numéro baissent mais moins que pour les autres titres.

 

Le papier est donc le meilleur moyen d’explorer l’avenir ?

 

Pour explorer l’avenir, tous les supports sont bons. Mais le papier permet une réflexion approfondie car il nous met dans un confort de lecture utile (sans notifications numériques par exemple). Nous n’hésitons pas à faire des articles volontairement longs et fouillés : 10 000, 12 000 ou même 15 000 caractères.

Nous avons d’ailleurs augmenté la pagination en 2018-2019. Notre objectif n’est pas d’être le dernier journal de la semaine mais bien le premier de la semaine qui commence, car sauf grande enquête ou scoop, nous aurons toujours un temps de retard sur le numérique et les chaînes d’info pour raconter ce qui s’est déjà passé. Nous ne nous inscrivons pas dans le « tout info ». Nous sommes plutôt prescriptifs et prospectifs. Nous sommes très portés par la temporalité, si cela se passe lundi ou mercredi ou même jeudi, c’est trop tôt. Nous voulons surprendre nos lecteurs et leur donner un coup d’avance sur ce dont ils vont entendre parler grâce par exemple à une interview qui va lancer un débat, faire l’actualité.

Enfin, le JDD est un tout : il est un journal d’informations générales mais nous avons aussi augmenté la partie « plaisir » car le dimanche, les gens ont envie de se rafraichir, de s’ouvrir l’esprit.

 

L’aspect visuel est-il aussi important que son contenu ?

 

La matérialité, la qualité doivent donner corps à nos informations, à travers la maquette, le chemin de fer, le grammage. Notre pagination ne baisse pas. Nos lecteurs continuent de nous lire le lundi et le mardi. En parallèle, nous croyons également beaucoup au journal, à savoir un produit avec un début plus important que la fin, un milieu et une vraie sélection.

 

Quelle valeur ajoutée Version Femina apporte-elle ?

 

Le magazine, qui était auparavant la propriété du groupe Lagardère, comme le JDD, appartient maintenant au groupe CMI et désormais nous l’achetons pour l’intégrer.

Il contribue à avoir « une belle poignée » avec le quotidien et le magazine. Il porte aussi les ventes car c’est une offre complémentaire. Le Femina est diffusé seulement à Paris avec le JDD, et en Province, il accompagne la PQR.

 

Début mai, vous avez lancé « Le Journal de Demain » en version numérique, comment voyez-vous le mix papier/digital ?

 

Oui je défends le papier, mais je défends aussi le numérique. Au JDD, nous ne négligeons pas l’un, mais n’oublions pas l’autre. L’objectif avec Le Journal de Demain est d’être, en numérique, un mini-JDD quotidien qui dévoile en avant-première les infos dont les gens vont entendre parler le lendemain. En complémentarité avec cette édition quotidienne, notre site web propose des décryptages. Le Journal du Dimanche, avec sa locomotive papier, est donc, en mai 2019, devenu un média quotidien, sur tous les supports. Notre Journal de Demain connaît un succès fou (70.000 inscrits) et les lecteurs reconnaissent bien la ligne éditoriale du JDD : on annonce ce qui va se passer alors que beaucoup d’autres racontent des faits déjà passés.

Certains lecteurs lisent en version numérique à 23h45 le samedi soir le JDD pour ne rien rater mais achètent malgré tout la version papier car cela fait partie du rituel du dimanche et c’est plus confortable de lire.

 

Les annonceurs continuent-ils à aimer le papier ?

 

Oui, la publicité se porte bien dans le JDD et les annonceurs ont envie de cet écrin : du beau papier, dans un journal sérieux et reconnu. Plus il y a de publicités, plus le journal est épais, plus il y a d’infos, et plus le lecteur est content. Les annonceurs s’aperçoivent aussi que la pub sur internet n’a pas le même impact.

 

Quels sont vos projets ?

 

Continuer à améliorer la diffusion du journal au sens large. En version papier, à trouver des accords ou solutions pour le rendre plus accessible. Mais aussi en développant l’offre en numérique pour donner accès à des gens qui n’ont pas la possibilité de le trouver physiquement. Et puis donner des informations 7 jours sur 7 : nous le faisions déjà avec lejdd.fr mais Le Journal de Demain nous permet de devenir un vrai quotidien.

 

Les études sur l’impact désastreux du numérique et la nécessité d’une ‘sobriété numérique’ vont-elles rééquilibrer les discours souvent faux sur l’impact environnemental du papier ?

 

Cet exemple est intéressant : en effet tout le monde croit que lire sur le numérique pollue moins que sur le papier. Or on sait ce que la conservation d’un mail par exemple coûte à l’environnement. Il faut montrer que non, lire du papier n’est pas mauvais pour la planète. Mais les idées reçues ont la vie dure et c’est le rôle de tous les médias de les expliquer et parfois de les démentir.

 

 

Propos recueillis par Patrica de Figuieredo


www.lejdd.fr

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