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La culture du vin, entre les lignes


Le vin, c'est de la culture, mais aussi tout un écosystème éditorial pour en apprécier l'histoire et faire son choix

 

 

« Avec le vin, nous consommons le temps, de l’espace, de la culture (religion, art, littérature), pour fabriquer une histoire totale ». Didier Nourrisson auteur d’ Une Histoire du vin (Perrin, 2017) retrace le contour de cette civilisation du vin à la fois marqueur social et catalyseur d’enjeux économiques, culturels et, plus récemment, de santé publique. « La nature se conjugue àla culture, le désir au goût, pour donner une civilisation du vin« . Avec une double émergence : celle de l’étiquette qui « joue un rôle dés lors décisif pour orienter le choix du consommateur et même pour définir le bon goût. » et celui d’un nouveau profil, « l’amateur » qui « ne se contente de boire, ‘comme ses pères‘ il veut aussi rêver, savoir d’où vient le vin qu’il apprécie, qui le fait, comment il est fait ; et en parler entre amis, à la Brillat-Savarin en somme. » Non sans une pointe de provocation d’un auteur qui se rebelle contre notre ère de plus en plus aseptisée : « Boire le vin, devient de plus que jamais, acte de civisme en même temps que sens de l’homme. »

 

Complémentaire de ce récit pertinent des interactions entre la vision esthétique, éloge cultivé de la valeur emblématique et patrimoniale de la vigne et du vin, et la vision éthique, approche négative des effets négatifs des effets physiques, intellectuels et mentaux du trop boire , le livre de Matthieu Lecoutre Goût de l’ivresse. Boire en France depuis le Moyen Âge – Ve-XXIe siècle (Belin, 2017) retrace l’histoire des buveurs et de leurs boissons « au cœur d’une tension entre leurs goûts individuels, les possibilités offertes par leur territoires ou communautés d’appartenance et les réalités du contexte social » Souvent négligé, mais l’inscription du repas gastronomique au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco a rappelé l’enjeu culturel et… conforté une ‘certaine’ manière de boire « à la française (comme pratique pour) éviter l’ennui de l’uniformisation des goûts

 

« Les hommes du passé ont sûrement consacré autant de temps, si ce n’est plus, à penser à se nourrir et à préparer leurs repas, rappelle Matthieu Lecoutre qu’à réfléchir sur leurs choix politiques ou méditer sur le divin… » Mettre en perspective les préoccupations alimentaires de nos sociétés et l’importance vitale de la boisson dans l’évolution des modes de consommation, sont au cœur de ces deux stimulants ouvrages historiques qui confirment le vin comme « de la culture pour l’esprit » selon le beau mot de Bernard Pivot dans son Dictionnaire amoureux du vin (Plon, Flammarion, 2013)

 

Cette dimension culturelle du bien boire légitime aussi que le Colloque annuel de Culture Papier y consacre une après-midi le 13 décembre tant les dispositifs éditoriaux – de la presse aux imprimés publicitaires – contribuent aussi à faire bouger les goûts.

 

Olivier Le Guay