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Presse #Interview

GÉO le magazine, une nouvelle formule avec plus de sens, Eric Meyer.

11.06.2021
Créé en 1979, le magazine Géo continue de faire voyager ses lecteurs. Toujours attentif à suivre les évolutions du monde et du papier, une nouvelle formule vient de sortir pour le numéro de juin 2021. Moins de sujets mais des contenus plus longs. Eric Meyer, rédacteur en chef de Géo explique la nouvelle stratégie.

Comment se porte Géo après ces périodes de confinement ?

Eric Meyer, rédacteur en chef du magazine GEO

La fermeture de certains points de vente, notamment ceux des gares et des aéroports, ont induit une baisse des ventes au numéro. Mais cette baisse a été compensée par des abonnements en hausse.

D’un point de vue éditorial, nous avons vécus différentes phases : en 2020 Géo disposait d’un stock d’articles que nous avons publié. Nous avons aussi développé des hors-séries sur la France pour suivre les Français qui ne pouvaient pas sortir de l’hexagone :Le vélo en France, le Pays Basque, les petits pays en France qui vient de sortir. Nous avions aussi des correspondants à l’étranger qui ont pu arpenter leur pays en Australie ou ailleurs et envoyer des sujets. Maintenant cela devient plus critique car les stocks se sont amenuisés et plusieurs parties du monde restent fermées ou difficilement accessibles : l’Asie, l’Afrique, l’Amérique du Sud…  Nos derniers numéros ont été fabriqués à fortes contraintes.  : Mais Géo c’est aussi l’ouverture sur le monde, il ne faudrait pas que la situation perdure trop longtemps. Quant à la publicité elle suit la conjoncture, le tourisme revient doucement, heureusement l’automobile se porte plutôt bien.

Le plus préoccupant reste les sujets à produire.

Pourquoi avoir choisi de sortir cette nouvelle formule ? Pour répondre à l’après-covid ?

Cette sortie n’est pas seulement due à la problématique Covid, mais de nouvelles questions émergent quant à la connaissance et à la marche du monde. Certains sujets sont des marqueurs du temps qu’il faut traiter : le changement climatique, la montée en puissance et le débordement touristique dans beaucoup d’endroits sur la planète. En 1976, il y avait 260 millions de touristes dans le monde, il y en avait en 2019, juste avant la Covid, 1,1 milliards ! (Source organisation mondiale du tourisme) qui se concentraient sur certains endroits, même sur des petits endroits. En réaction, ont émergé des manœuvres de défense contre le tourisme de masse avec des manifestations, des quotas ou des périodes fermées. La mondialisation que l’on a vécue entraine une uniformisation, la destruction des cultures locales ou sa folklorisation. Le monde a changé, le téléphone portable est partout, des photos circulent par milliards.

Comment articulez-vous vos sujets en fonction des différents supports ? Magazines, livres, site ?                                                                                                                          

Géo tente d’apporter des réponses en les remettant dans le long terme.

Dans le cadre d’une stratégie « fullmedia » il est important de se poser la question du choix du support … Le magazine est la partie immergée d’un ensemble qui comprend de nombreuses diversifications comme : Géo Histoire, Géo Hors-séries, etc

Notre nouvelle rubrique, ‘l’Esprit d’aventure’ illustre bien mon propos. Nous partons du principe que les gens voyagent avec de plus en plus un autre but que le seul voyage : humanitaire, scientifique, aventures personnelles avec des amis, une quête de sens, qui peut prendre la forme d’une descente du Yukon en canoé, ou une grande expédition dans l’Arctique, des sujets très actuels.

Concrètement comment se fait la différence ?

Notre site web est remarquablement fait, avec des actus chaudes, à l’image des questions concernant la Covid sur les voyages, l’information de base sur les pays, sur l’environnement. Nous jouons aussi la complémentarité avec le travail des photographes alors que sur le print on retrouvera le résultat du travail. Dans le magazine, nous traitons peu de sujets mais sur des formats très longs – minimum 12, 14, 18 pages. Nous avons beaucoup allongé les sujets pour donner de l’espace et de la réflexion, avec des interviews très longes.

Quant aux livres, ils sont à collectionner et à garder.

Comment voyez-vous le papier dans 10 ans ?

Je me souviens, il y a 10 ans, des prédictions qui voyaient la mort du papier. Certes, Il y a moins de papiers, nous travaillons plus sur écrans. Pour les quotidiens la baisse est réelle. Mais pour les magazines, la messe n’est pas dite ; dans toutes les enquêtes lecteurs que nous faisons, je n’ai pas assisté une seule fois à un ralliement massif sur le digital à la lui seul. La première vocation de Géo est liée à la détente. Il est plus associé à une lecture sur son canapé qu’assis à une chaise devant son écran d’ordinateur ou debout dans le métro rivé sur son téléphone.

Mais la survie de la presse papier dépendra aussi de l’évolution du circuit de distribution. Si les points de vente continuent d’être victimes des grèves, de la Covid, des fermetures, les gens se déshabituent à se rendre dans les points de vente. Il faut se battre aussi sur ces points.

Propos recueillis le 6 juin 2021

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