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La maison d’Aristide Berges prés de Grenoble


La Maison d’Aristide Berges, à Lancey, demeure un beau témoignage de l’histoire des papiers peints. Sa maison familiale a été conservée et transformée en musée. C’est à son fils Maurice que l’on doit la décoration de cette demeure, qui à la particularité d’avoir gardé une bonne partie de ses papiers peints originaux. Un précieux témoignage du passé.

Issu d’une famille de papetiers, Aristide Bergès est né en 1833. Il reste aujourd’hui comme l’un des fondateurs de l’hydroélectricité.

 

Aristide Bergès utilisa l’énergie hydraulique pour faire fonctionner ses défibreurs et établir une conduite forcée sur 200 mètres de dénivelé sur le torrent de Lancey. Il présente son invention lors de l’exposition universelle de 1889.  Les avantages et bénéfices de cette énergie qu’il nomme « houille blanche » sera exploitée dans son usine papetière. Retour aux sources d’une énergie propre.

Vers 1900, le papier peint se situe au cœur des préoccupations des diverses mouvances de l’Art nouveau.

 

De nombreuses acteurs contribuent alors au renouveau de cet art. En France, Hervé  Gaymard s’illustra particulièrement. Très proche des artistes de l’époque, Maurice Bergès est notamment lié à l’artiste tchèque Alfons Mucha qui séjourna même à Lancey. Des lettres échangées entre la famille Bergès et Mucha sont conservées dans les archives du musée. Dans la pièce considérée comme « la chambre de Mucha », le nombre important de papiers peints décorant encore la demeure rend compte de ce goût pour l’esthétique contemporaine. « Deux couches différentes de produits de l’époque y sont présentes, la plus ancienne d’entre elles étant nettement apparue lorsque l’affiche d’Orazi fut décollée. Cette première couche semble correspondre au papier qui ornait la pièce avant qu’elle ne soit agrandie, soit avant la visite de Mucha. Ce produit a pu être attribué à la Société Française des Papiers Peints, dont d’importantes archives ont été préservées. Le fabricant imprima ce papier à partir de sa collection 1898-1899.

Dans la maison Bergès, le motif d’un autre papier peint, figurant des œillets, a également pu être attribué à l’atelier de Ruepp.

 

Partiellement mis au jour par Bérangère Chaix en couche inférieure d’une chambre du rez-de-chaussée, il s’agit là encore d’un article de style 1900 imprimé par la Société Française des Papiers Peints à partir de sa collection 1898-1899 et dont l’esquisse originale, portant l’étiquette de l’atelier de Ruepp, avait de même été préservée dans les archives de la firme. Pour en revenir à la chambre qu’occupa Alfons Mucha, le papier peint de la couche inférieure ne décora la pièce que très peu de temps.

 

En effet, la chambre fut agrandie vers 1901, peu de temps avant la venue de l’artiste, et un autre papier y fut posé. »1 Durant le milieu du XIXe et le début du XXe siècle, la période de l’historicisme bat son plein et nous retrouvons au premier étage des papiers peints d’inspiration médiévale, bestiaires aux réminiscences médiévales. D’autres papiers peints évoquent plutôt le néo-rococo. Dans la bibliothèque, le motif de fleurs – bouquets de roses et d’acanthes – est un exemple typique de la manière dont un style historique pouvait se voir réinventé par l’industrie.

Pour compléter la visite du musée, il ne faut pas manquer les expositions autour de la houille blanche.

 

Cette énergie fut considérée à l’époque comme un véritable vecteur de progrès social. Cette expression sera reprise lors de l’exposition internationale de la houille blanche et du tourisme de Grenoble, en 1925.

 

PDF extrait du Magazine n° 18 – Mai 2016

 

Site : Maison Bergès – Musée de la Houille blanche
Adresse : 40 avenue des Papeteries Lancey  38 190 Villard-Bonnot